Un rapport de la CNESST conclut qu’un ex-employé de l’UdeM est décédé des suites d’un mésothéliome lié à l’exposition à l’amiante sur son lieu de travail

04 août 2020

Chères collègues, chers collègues,

Comme vous avez pu le lire dans La Presse mercredi matin (lire l'article), un rapport de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) conclut que le mésothéliome diagnostiqué chez M. Yves Charland (informaticien retraité, département de Physique, UdeM), est lié à la présence d’amiante sur son lieu de travail. Les trois pneumologues ayant signé ce rapport affirment que M. Charland, récemment décédé, qui a travaillé pendant plus de 20 ans au pavillon Roger-Gaudry, « était porteur d’une maladie professionnelle pulmonaire, soit un mésothéliome épithélioïde malin, en lien avec son travail comme informaticien dans des locaux où il y avait la présence d’amiante ».

L’article relate également que trois autres ex-employé.e.s de l’UdeM ont reçu un diagnostic de mésothéliome, possiblement suite à une exposition à l’amiante sur leur lieu de travail. À l’automne 2019, le SGPUM informait déjà ses membres, suivant les éléments dont nous disposions alors, de la gravité potentielle de la question de l’amiante à l’UdeM (relire le communiqué). Le SGPUM a été ainsi saisi du cas de notre collègue Jean Renaud (professeur émérite, sociologie). M. Renaud, auquel l’article de La Presse se réfère, est gravement atteint par la maladie : le SGPUM soutient activement M. Renaud dans ses démarches et lui offre tout son soutien pour qu’il obtienne réparation.

Depuis 2013, le législateur impose aux employeurs des obligations strictes en matière de gestion de l’amiante. Parmi ces dispositions, certaines concernent l’obligation par un employeur de tenir un registre sur la présence d’amiante dans ses établissements. De plus, d’ici un mois, nous devrions connaître les recommandations du BAPE sur la situation de l’amiante au Québec. Ce rapport est vivement attendu. Le professeur Renaud a soumis un mémoire sur la situation des cols blancs et l’exposition à l’amiante au comité du BAPE. Notons qu’un diagnostic de mésothéliome relié à une exposition à l’amante peut se révéler bien des années, sinon des décennies plus tard.

Le 29 juillet 2020, les vice-recteurs François Courchesne et Éric Filteau ont fait parvenir à l’ensemble de la communauté de l’UdeM un communiqué intitulé « Le point sur l’amiante à l’UdeM », dans lequel on mentionne que la Direction de l’Université prend très au sérieux les enjeux relatifs à l’exposition à l’amiante. La Direction dit vouloir « rassurer les membres du personnel et la communauté étudiante concernant tout risque lié à la présence d’amiante dans certains de nos immeubles ».

Or, nous estimons insuffisantes les assurances fournies par la direction de l’UdeM. Depuis plusieurs mois, les syndicats et les associations de l’Université de Montréal demandent à la Direction d’agir en collaboration avec nos représentants en santé et sécurité au travail en matière de désamiantage et de protection de la qualité de l’air en général. Nous demandons de faire partie de la gestion des structures et des moyens de surveillance mis en place par l’Université de Montréal en ce qui concerne l’amiante et la qualité de l’air, dans une approche de pleine collaboration.

Plus précisément, nous demandons à la Direction de l’Université :

  1. de donner aux syndicats et aux associations accès et copie des registres d’amiante;
  2. d’obtenir un état de situation sur l'amiante et la qualité de l’air dans les bâtiments de l'Université les plus susceptibles de contenir de l’amiante et d’autres polluants. Cette enquête serait confiée à une firme externe indépendante, qui serait choisie conjointement par la Direction et par les syndicats et associations. Les conclusions seraient transmises dans leur intégralité aux syndicats et aux associations;
  3. de transmettre à l’ensemble des syndicats et des associations de l’information sur les firmes qui seront choisies pour effectuer les travaux de désamiantage sur le campus dans les prochains mois;
  4. de créer un comité de « bon voisinage », composé d’experts et de représentants des syndicats et des associations, qui s’assurerait que les travaux de désamiantage et tous les travaux d’entretien dans des locaux contenant de l’amiante sont pleinement supervisés;
  5. de préparer, conjointement avec les syndicats et les associations, un plan de communication, clair et transparent, qui serait transmis à tous les membres de la communauté universitaire.

Nous comprenons que les conclusions du rapport de la CNESST, telles que rapportées par la Presse, sont très inquiétantes pour les professeur.e.s et pour l’ensemble de la communauté universitaire. Nous réitérons que les membres de l’exécutif du SGPUM et de l’équipe santé et sécurité au travail (équipe SST) prennent cette situation très au sérieux et recueillent toute l’information nécessaire pour mener les actions les plus pertinentes et prévenir ainsi d’autres cas.

Si vous avez des commentaires, inquiétudes ou questions en lien avec la présence d’amiante à l’Université de Montréal, n’hésitez pas à communiquer avec notre équipe SST à sgpum-sst@umontreal.ca

Enfin, le SGPUM transmet toutes ses condoléances à la famille et aux proches de M. Yves Charland.


L’exécutif du SGPUM
L’équipe SST du SGPUM

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