La FQPPU exige le retrait immédiat du projet de loi privé modifiant la charte de l'Université

09 novembre 2017

Dans le journal LE DEVOIR, page 2, ce matin 9 novembre 2017.

Sur le site de la FQPPU

PROJET DE LOI MODIFIANT LA CHARTE DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Construire l’université du 21e siècle en l’administrant comme au 19e siècle

Sous le prétexte fallacieux de « moderniser » l’université pour la faire passer au rang d’« université du 21e siècle », la direction de l’Université de Montréal tente une nouvelle fois d’accaparer tous les pouvoirs afin d’imposer sa vision du développement de l’institution.

Insatisfait de l’opacité qui caractérise déjà l’administration, le Conseil de l’Université de Montréal veut en finir une fois pour toute avec la transparence, reliquat du 20e siècle rendu obsolète à l’ère de la « gouvernance », où les intérêts du milieu des affaires ont préséance sur ceux des acteurs de la vie universitaire.

Considérant qu’ils enfreignent non seulement la liberté universitaire des professeurs, mais également leurs droits fondamentaux (droit d’association, droit de représentation, droit du travail), les principes énoncés dans la nouvelle Charte nous replongent dans des relations de travail dignes du 19e siècle.

Comble d’inquiétude, l’actuelle ministre responsable de l’Enseignement supérieur et ancienne vice-rectrice au sein de cette institution, Madame Hélène David, semble attester, par son silence en regard des intentions sous-jacentes à ce projet de loi, de son adhésion à ces efforts pour faire taire les membres de la communauté universitaire.

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LA FQPPU EXIGE LE RETRAIT IMMÉDIAT DE CE PROJET DE LOI PRIVÉ CAR :

•          Il met en péril le principe de collégialité qui est à la base de l’administration des universités québécoises.

•          Il bafoue la convention collective du Syndicat général des professeurs et professeures de l’université de Montréal (SGPUM) et ouvre la porte à une ingérence du gouvernement du Québec dans les relations de travail entre la direction et le corps professoral.

•          Il porte une atteinte grave aux rôles, aux droits et aux libertés fondamentales des professeurs.

•          Il s’inspire des pratiques administratives des entreprises à but lucratif, alors que les universités sont des institutions vouées à la production et à la transmission du savoir dans une perspective de service public.

•          Il tient pour acquis que les administrateurs externes qui siègent au Conseil d’administration sont « indépendants », bien qu’ils représentent des intérêts corporatifs.

•          Il est faiblement fondé du point de vue argumentaire, notamment en ce qu’il se réfère fréquemment aux Statuts de l’Université de Montréal, actuellement en révision et donc non clairement définis.

•          Il a pour effet d’introduire des rapports autoritaires entre la direction et les professeurs, qui sont relégués au statut de simples exécutants, alors qu’ils sont au cœur des missions de recherche et d’enseignement qui animent l’Université.

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POSITION DE LA FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DES PROFESSEURES ET PROFESSEURS D’UNIVERSITÉ (FQPPU) SUR LE PROJET DE LOI PRIVÉ MODIFIANT LA CHARTE DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

ATTENDU      que le Conseil de l’Université de Montréal a déposé en août 2017 à l’Assemblée nationale son projet de loi privé modifiant la Charte de l’Université de Montréal ;

ATTENDU      que les amendements contenus à ce projet rendront nuls et sans effets les Règlements de l’Assemblée universitaire (AU) portant sur les conditions de travail des professeures et professeurs visés par la convention collective SGPUM ;

ATTENDU      que ce projet est contraire à la lettre et à l’esprit de la convention collective des professeures et professeurs de l’Université de Montréal, membres du SGPUM ;

ATTENDU      que les pouvoirs de l’AU font partie intégrante des conditions de travail des membres du SGPUM ;

ATTENDU      que les pouvoirs de l’AU ne peuvent être modifiés sans le consentement écrit du SGPUM ;

ATTENDU      que ces graves atteintes aux droits, aux libertés et aux conditions de travail des membres du SGPUM constituent un dangereux précédent pour tout le corps professoral québécois.

LE CONSEIL FÉDÉRAL DE LA FQPPU :

DÉNONCE      avec vigueur le coup de force du Conseil de l’Université de Montréal tenté avec le dépôt d’un projet de loi privé modifiant la Charte de l’Université de Montréal ;

DÉPLORE       que ledit projet viole la convention collective des professeures et professeurs membres du SGPUM ;

S’INQUIÈTE   des atteintes graves dudit projet aux rôles, aux droits et aux libertés fondamentales des professeurs et professeures de l’Université de Montréal ;

CONDAMNE  les atteintes graves dudit projet à la liberté académique, à la collégialité et à la participation des professeures et professeurs au fonction-nement de leur institution.

Adoptée à l’unanimité lors du Conseil fédéral du 20 octobre 2017.


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